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LOVE AND DIE – TOBIAS SPICHTIG

19/10/2019 - 02/02/2020

Tobias Spichtig, Love and die, centre d’art contemporain – la synagogue de Delme, 2019.

Love and Die de Tobias Spochtig
Exposition du 19 octobre 2019 au 02 février 2020

Vernissage le vendredi 18 octobre à 18h
Performance de l’artiste à 20h

Tobias Spichtig réalise des oeuvres à partir d’éléments trouvés, rebuts de la culture/consommation de masse, d’images vues et revues, et/ou de fonds sonores entendus et réentendus, épuisants d’omniprésence dans notre champ visuel et sonore quotidien, émanant de la publicité, d’internet, de la musique commerciale, des grandes enseignes de mode ou de design à bon marché. Ces objets/images/sons, constitutifs de la démarche de l’artiste, sont significatifs d’une société consommant, usant et se débarrassant des produits de consommation de manière effrénée. Tobias Spichtig place le visiteur face à cette dégénérescence productiviste de notre système économique autodestructeur afin de créer des zones d’inconfort visuel et physique. Ces objets peuvent être autant d’obstacles affectant radicalement notre rapport normé à l’art, notamment en empêchant d’y avoir accès (en plaçant un grand nombres de vieux réfrigérateurs devant ses tableaux par exemple), comme ils peuvent en faciliter la lecture, à l’instar de ces canapés usagés, achetés sur Ebay et installés pour regarder confortablement ses peintures aux murs. À partir de ces compositions, faites de matériaux divers, l’artiste crée des scénarii dans lesquels oeuvres et visiteurs jouent un rôle précis, en faisant partie d’un tout, auquel s’ajoute la présence anthropomorphique de ses « ghosts », sculptures composées de fripes, qu’il rigidifie de telle sorte que ces vêtements se portent eux-mêmes. Campés dans les espaces d’exposition mais également dans les lieux annexes à ces derniers (le bureau du galeriste, l’atelier de l’artiste…), ces « ghost sculptures » ne se réduisent pas à d’inquiétantes présences dans un écosystème spécifique puisqu’elles permettent de remarquer à quel point les vêtements peuvent se soutenir une fois vidés de leurs hôtes. Elles laissent alors apparaître des corps crevés, sans substance n’ayant besoin de personne que d’eux-mêmes pour exister. Mais cette vision abstraite de son art est toute relative puisque souvent mâtinée d’une forte présence de détails personnels et intimistes : vêtements auxquels il est particulièrement attaché, portraits peints de ses relations humaines et sociales, objets évoquant des moments spécifiques de sa vie… Tout le travail de Tobias Spichtig se trouve à la lisière entre une dimension froide sans auteur, inhabitée et désubjectivisée, et une forte dose d’émotions et d’affects, de passions (auto) destructrices.

Dans le cadre de son exposition dans la synagogue, Tobias Spichtig a tout d’abord tenu à s’approprier le bâtiment, comme n’importe quel objet qu’il récupère habituellement pour faire oeuvre, image, sculpture…, afin de l’incorporer à l’ensemble qu’il propose à cette occasion. Elle est réexploitée tel un objet de deuxième main, ayant déjà eu plusieurs vies, à savoir un lieu de culte en fonction pendant un siècle reconverti ensuite en espace culturel au début des années 90. L’artiste fait d’elle un théâtre dans lequel sont installées ses peintures et sculptures, ces « fantômes » qui hanteront et habiteront l’espace d’exposition pendant trois mois. Faisant écho à cette vision stratifiée du bâtiment, des peintures (pouvant être qualifiées de « gestuelles ») sont réalisées avec des images d’objets trouvés, usés, souvent hors d’usage, parfois prises en photo par l’artiste lui-même ou extraites de la culture populaire ; de même, des sculptures, reproduisant la forme du corps humain grâce à des vêtements usés, imprégnés de résine, occupent l’espace de leur présence énigmatique. Parmi ces sculptures, certaine ont été plongées dans un bain de nickel afin de les purifier de tout code visuel (logos, couleurs, styles, formes…), de les abstraire du quotidien de même que la synagogue a été vidée des objets et matériaux de culte lors de sa désacralisation pour la transformer en « white cube » diaphane et immaculé. Mise en scène aux différents niveaux de la synagogue, cette exposition engage le visiteur à être à la fois observateur et observé par des présences sans corps et sans yeux, à être happé au sein d’une zone où habitudes comportementales riment avec malaise et déchéance, avec régénération.

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Centre d’art contemporain – la synagogue de Delme
Centre d’art contemporain – la synagogue de Delme
33, rue Poincaré
57590 Delme
+33 (0)3 87 01 43 42
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