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Cosa mentale. Les imaginaires de la télépathie dans l’art du XXe siècle 

28/10/2015 @ 10:00 - 28/03/2016 @ 18:00

Inédite en son genre, l’exposition Cosa mentale. Les imaginaires de la télépathie dans l’art du XXe siècle propose une relecture de l’histoire de l’art de 1880 à nos jours, à la lumière de la fascination des artistes pour les modes de communication de la pensée.

En 1968, le collectif autrichien Haus-Rucker-Co conçoit le Mind Expander sous la forme d’une capsule immersive propulsant le spectateur dans un nouveau mode de perception du réel : la « superception ». Celui-ci constitue alors une synthèse des utopies avant-gardistes qui, tout au long du XXe siècle, influencées par l’imaginaire que fait naître le développement des télécommunications, cherchent à mettre au point un mode de transmission direct de l’émotion. Il s’agit alors d’inventer une nouvelle relation, immédiate, entre l’artiste et le spectateur.

Suivant un parcours chronologique allant du symbolisme de la fin du XIXe siècle à l’art conceptuel, l’exposition réunira une centaine d’œuvres de grands artistes de la modernité, d’Edvard Munch à Vassily Kandinsky, de Joan Miró à Sigmar Polke, issues d’une grande diversité de médias – peintures, dessins, sculptures, photographies, vidéos, films et installations.

Cosa mentale. Les imaginaires de la télépathie dans l’art du XXe siècle retracera l’histoire d’une utopie méconnue et pourtant majeure des avant-gardes du XXe siècle : le devenir télépathique de l’art à l’ère de la révolution immatérielle des télécommunications. Elle montrera comment ce fantasme d’une projection directe de la pensée, balayant les conventions du langage, aura un impact considérable sur la naissance des premières formes d’abstractions, mais aussi, de façon tout aussi surprenante, sur le surréalisme et son obsession pour le partage collectif de la création et la libération des automatismes.

Le parcours s’ouvrira avec l’invention du terme « télépathie », en 1882, quand l’étude de la psychologie se frotte aux récents développements des technologies du lien et de l’image – de la télégraphie sans fil à la future télévision. Des tentatives de « photographie de la pensée » (1895) aux premiers encéphalogrammes (1924), c’est l’activité même du cerveau qui se donne à voir et pousse les artistes à abattre les conventions de la représentation. Davantage que de se soustraire au poids des normes académiques, il s’agit de supprimer toute contrainte de traduction et tout obstacle matériel dans les échanges, à l’instar de la télépathie qui, loin de rester une obscure fantaisie occulte et paranormale, ne cesse d’intriguer et de subjuguer les artistes. Cette idée d’un devenir télépathique, omniprésente dans l’univers de la science-fiction, refait surface dans l’art psychédélique et conceptuel des années 1960-70, avant de resurgir aujourd’hui dans des pratiques contemporaines envoûtées par les technologies

de la « connaissance partagée » et l’essor des neurosciences.

Commissaire : Pascal Rousseau

affiche   rodin    cosa-mentale-visuels-des-uvres-3 - copie   cosa-mentale-visuels-des-uvres-3   cosa-mentale-visuels-des-uvres-3

Visuels de gauche à droite :

– affiche
– Auguste Rodin, Le Penseur , vers 1880, S.2520, Plâtre patiné, 72 x 37 x 57,50 cm © Photographe : Christian Baraja © Musée Rodin, Paris
– Wilhelm Morgner, Astrale Komposition III , 1912, Huile et tempera sur toile, 72,5 X 100 cm, Soest, Museum Wilhelm Morgner © Photographe : Thomas Drebuch
– Victor Brauner, Signe, 1942 – 1945, Paris,Centre Pompidou, Musée national d’Art moderne © ADAGP, Paris, 2015 © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat
– David Rosenboom : Portable Gold and Philosophers’ Stones in Paris 1, 1975
Pianist-composer J.B. Floyd, a long-time collaborator with David Rosenboom is seen with electrodes attached to his head while performing a solo version of Rosenboom’s brainwave music composition Portable Gold and Philosophers’ Stones at Centre Culturel Americain in Paris on 7 January 1975. The equipment shown includes a brainwave monitoring device and an ARP 2600 Synthesizer. The performance occurred simultaneously with a lecture given by David Rosenboom in a presentation titled Biofeedback and the Arts. Artist Jacqueline Humbert, who also participated in the performance, is seated off to the right of the picture frame. © David Rosenboom 1975. All rights reserved.

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